Quelques gouttes. C'est tout ce qu'il a fallu. Le 14 août 1996, Karen Wetterhahn, chimiste à Dartmouth College, manipule du diméthylmercure. Une substance extrêmement toxique. Elle porte des gants de protection. Quelques gouttes tombent sur sa main. Elle ne s'inquiète pas. Elle est équipée. Elle est experte. Mais le diméthylmercure traverse ses gants de latex en moins de 15 secondes. Elle ne le sait pas encore. Les mois passent. Les symptômes apparaissent. Les médecins cherchent. L'origine est identifiée trop tard. Karen Wetterhahn décède le 8 juin 1997. Elle a 48 ans. Moins d'un an après ce geste anodin. Une chimiste de haut niveau, dans un laboratoire équipé, avec des gants de protection. Quelques gouttes ont suffi.