Quelques gouttes. C'est tout ce qu'il a fallu. Karen Wetterhahn était professeure de chimie à l'université Dartmouth. Une experte. Une référence mondiale dans son domaine. En 1996, lors d'une manipulation en laboratoire, quelques gouttes de diméthylmercure tombent sur sa main. Elle portait des gants en latex. Elle avait respecté les protocoles. Mais personne ne savait encore que le diméthylmercure traverse le latex en quelques secondes. Karen ne ressent rien. Elle continue ses travaux. Les semaines passent. Puis les symptômes apparaissent. Troubles de l'équilibre. Perte de la parole. Effondrement neurologique progressif. Les médecins découvrent alors que son taux de mercure dans le sang dépasse de loin les seuils mortels. Elle décède en 1997. Moins d'un an après l'accident. Une chercheuse spécialiste des métaux toxiques, tuée par un métal toxique, en croyant être protégée. Le danger n'était pas dans son ignorance. Il était dans sa confiance.